Les récits qui situent l'origine de la Franc-Maçonnerie dans un lointain passé, lui conférant dès lors un prestige mythique, font preuve de plus d'imagination que de rigueur. Que la Franc-Maçonnerie ait pris naissance dans les corporations des bâtisseurs d'édifices civils et religieux du Moyen Age semble un fait admis. Dès la fin du XVIe siècle, en Ecosse et en Angleterre surtout, ces Loges admettent des membres dits maçons acceptés, qui n'appartiennent pas à la profession des constructeurs, mais qui sont vraisemblablement attirés par le climat de liberté et de convivialité qui y règne. Ils y deviennent peu à peu majoritaires, et c'est ainsi que va naître une Franc-Maçonnerie spéculative dont les membres vont se réunir pour discuter librement et pratiquer la fraternité.
Peu de temps après, des Loges se créent en Europe continentale et dans le monde entier. Deux grandes tendances vont se dessiner : celle de la Franc-Maçonnerie anglo-saxonne qui va rester déiste, et celle de la Franc-Maçonnerie française qui sera, en grande partie, fortement marquée par les courants rationalistes, laïques et républicains du XIXe siècle. C'est dans ce courant d'idées que s'inscrit la création du DROIT HUMAIN.
Les Constitutions d'Anderson de 1723 interdisaient l'admission des femmes considérées à l'époque comme des êtres dépendants qui ne pouvaient remplir la première condition exigée de tout candidat, qui était d'être libre. La question de l'admission des femmes se posa néanmoins très tôt et, dès le milieu du XVIIIe siècle, on voit fleurir en France, en Allemagne, en Pologne, en Italie, en Hollande et dans les Pays-Bas autrichiens, des "Loges féminines dites Loges d'Adoption". Créées par des Loges masculines qui les contrôlent, elles maintiennent la femme dans une sorte d'infériorité morale et ne lui offrent pas une réelle vie maçonnique. L'existence de ces Loges fut d'ailleurs précaire. A la fin du XIXe siècle, dans une France en pleine mutation sociale, économique et politique qui voit notamment éclore les mouvements humanitaires et égalitaires, des Frères soulèvent la question de l'admission des femmes en Franc-Maçonnerie et, parmi eux, Georges Martin (1844-1916), membre de la Grande Loge Symbolique Ecossaise. Malgré l'estime qu'ont de nombreux Frères pour les qualités morales et intellectuelles de Maria Deraismes, pour son engagement en faveur de l'émancipation des femmes, les Loges masculines restent opposées à l'admission des femmes. Georges Martin décide alors Maria Deraismes à créer une Loge mixte, et lui apporte son appui. En 1893, la Grande Loge Symbolique Ecossaise Mixte de France voit le jour et Georges Martin en élaborera la constitution.
Ce qu'ont voulu les fondateurs, c'est affirmer l'égalité des droits de l'homme et de la femme, c'est qu'ils jouissent de façon égale de la justice sociale, c'est grouper dans un même Ordre des hommes et des femmes de toutes races, de toutes nationalités, de toutes idées, philosophies et religions, c'est s'intéresser aux choses de la vie de l'être humain sur la Terre, et étudier les moyens de réaliser la paix entre tous les peuples. Fidèles à ces principes, les Loges de l'Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain se sont toujours penchées sur l'étude des grands courants de pensée tant philosophiques qu'éthiques, et des systèmes qui organisent les sociétés. Aujourd'hui, LE DROIT HUMAIN est présent dans une soixantaine de pays répartis sur les cinq continents.
Soutenue par des Frères d'une Loge du Grand Orient de Belgique, la première Loge belge de l'Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain est installée à Bruxelles, le 24 mai 1912, en présence du fondateur de l'Ordre, Georges Martin. Très rapidement, d'autres Loges se créent et, dès 1928, les six Loges existantes forment le noyau de la Fédération belge du Droit Humain qui va s'implanter dans tout le pays. |