Communiqué du Grand Maître National de la Fédération belge du DROIT HUMAIN.

 

Réseaux sociaux, harcèlement…

 

Il y a quelques mois, Samuel Paty, enseignant des Yvelines, est décapité. Des jeunes excités par des extrémistes à travers les réseaux sociaux l’ont puni d’avoir transgressé des prescrits religieux.

Maintenant, Nadia Geerts, maître-assistante bruxelloise est insultée, menacée, parce qu’elle a dit « Je suis Samuel Patty » et qu’elle défend la neutralité de l’enseignement en considérant que le port de signes d’appartenance religieuse est incompatible avec ce principe.

Dans ces deux cas, plus proches l’un de l’autre que l’on ne pourrait croire, les réseaux sociaux occupent une position centrale.

Ils ont servi à l’exécution d’une personne. Ici, les insultes, les injures, les menaces s’accumulent. Nul ne peut aujourd’hui prédire si un des lecteurs de ces messages incendiaires suintant la haine, électrisé par l’extrémisme religieux, ne va pas passer à l’acte.

Pourquoi, certains ne permettent-ils plus à d’autres d’exprimer leurs opinions aussi différentes soient-elles ? D’où vient cette haine, ce rejet de l’autre, ces interprétations négatives qui détruisent la pensée de l’autre ? Pourquoi en est-on arrivé là ? Serait-ce l’anonymat ? Le confinement ne fait qu’exacerber l’intolérance, l’agressivité. Mais ce n’est pas une raison !

Nous vivons dans un pays démocratique où l’expression de chacun est libre et écoutée. Mais la liberté d’expression ne permet pas de dire n’importe quoi ! Il y a des limites. Le minimum est de respecter la loi, de respecter les valeurs essentielles, de respecter chacun. Ce ne sont pas à ces auteurs de diffamation de faire la loi.

Restons vigilants, ne banalisons pas, ne minimisons pas l’importance, la portée, les dégâts potentiels de l’agression, ne laissons pas passer ces insultes, refusons de contribuer au harcèlement, enrayons l’escalade…

Refusons d’adhérer à ces propos et ayons le courage de lutter contre ces formes d’agression. Portons plainte, s’il le faut.

Il est grand temps d’apprendre aux utilisateurs des réseaux sociaux à ne pas s’arrêter à une première lecture, à détecter les pièges que recèlent souvent ces messages. Il est grand temps de les mettre en garde. Il est grand temps de les éduquer à l’analyse, à la critique.

Il est grand temps que chacun se sente responsable de ce qu’il dit sur les réseaux sociaux.

 
Alix Bruwier
Grand Maître National de la Fédération belge du DROIT HUMAIN

30/01/2021