Durant le mois de juin, auront lieu de nombreuses commémorations du débarquement des alliés en Normandie et en même temps d’autres cérémonies rappelleront les activités de résistance à l’occupant en Europe et leur participation à sa libération. Il nous a paru opportun de rendre hommage à cette occasion aux membres de la Fédération belge du DROIT HUMAIN qui, respectant leur serment maçonnique, luttent de diverses manières contre l’occupant nazi, certains d’entre eux sont emprisonnés, d’autres déportés. Quelques-uns en reviennent vivants, d’autres y trouvent la mort.

Dès le déclenchement de la guerre les SS :. Paula Doms et Hélène Van De Meulebroeke brûlent une partie importante des archives et surtout les listes de membres. Le 14 août 1940, l’occupant sort un arrêté de dissolution de la Franc-Maçonnerie et notamment du Droit Humain. Les principaux collaborateurs responsables des poursuites contre les Francs-Maçons pendant la guerre sont Paul Ouwerx, Paul Harting et Léopold Flament.

Malheureusement, nous ne disposons pas de beaucoup de documents sur les activités de résistance de nos frères et sœurs. Durant la guerre, la sœur Germaine Devalet de Tournai, les frères. Hebbelincck et Schouls d’Anvers perdent la vie dans un camp de concentration. Marcelle Leroy, Louis Van Hooveld et Madeleine Jacquemotte sont prisonniers politiques. Le frère Van de Graaf est arrêté et exécuté. Il gérait avec Paula Doms et Camille Hennebert une caisse d’entraide permettant le financement des activités clandestines, le soutien à l’hébergement de résistants et de juifs poursuivis. Cette activité se poursuit grâce aux deux rescapés jusqu’à la fin de la guerre. Il faut aussi parler de Claire Duysburg, déportée, condamnée à mort et sauvée in extremis par la libération du camp où elle était emprisonnée. Gaston et Hélène Van De Meulebroeke hébergent des clandestins poursuivis par l’occupant et transmettent des renseignements aux services secrets britanniques.

Nous savons par ailleurs que les SS :. Alice Pels, Nelly Schoenfeld, Isabelle Blum, Irène Simon, Yvonne Jospa, Germaine Hannevart, Zenaïde Kotchekova, Juliette Norman, Lucie Dejardin, Leva Mitchnik, Hélène Leva, elles aussi, ont participé activement à des activités clandestines.

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie, l’espoir renaît. Moins de trois mois plus tard, la Belgique est libérée du joug du nazisme et la vie se réorganise. Mais ce n’est pas encore la paix. C’est dans cette atmosphère où se côtoient l’anxiété et la joie que les maçons du Droit Humain se préparent à reprendre leurs travaux. Grâce au travail des sœurs Termonia et Paula Doms, on peut dès le mois de mars 1945 inviter les membres à se faire connaître et s'ils désirent à participer à nouveau aux travaux. Une commission composée de 7 maçons examine attentivement les demandes de réintégration, car si la grande majorité des maçons sont restés fidèles à leurs engagements d’hommes et de femmes probes et libres, quelques-uns ont pu commettre des erreurs. La Maçonnerie qui se reconstitue ne peut admettre dans ses rangs ceux qui ont failli.

Il est évident que beaucoup d’autres membres de notre Ordre ont participé de diverse manière à la lutte contre l’occupant. Tous et toutes ont poursuivi ainsi un combat commencé avant la guerre contre la montée des idéologies d’extrême droite. Nous en voulons pour preuve cette revue diffusée vers le monde profane par des membres du Droit Humain dès 1938 dont le Titre était : « Vivre et lutter » et sous-titre « N’est-ce pas un crime de se taire ». Et ceci encore : une lettre de Marcel Lerat et Giliane Termonia : « Au secours de l’Humanité, tout de suite et comment. »

Tout ceci nous semble d’une brûlante actualité or, à la reprise des travaux en 1945, plusieurs ateliers travaillèrent avec la volonté de tout faire pour que cela ne se reproduise jamais.


Daniel Menschaert

GMN

Source: Histoire de la Fédération belge du Droit Humain Tomes 1 et II