Ce matin, nous pouvons nous réjouir, le danger d’une France basculant dans les bras de l’extrême droite est écarté. Ce que nos amis français appelle le front républicain a fonctionné. Cependant le danger n’est pas défensivement écarté .Il ne s’agit pas de se mêler de politique politicienne. Ce n’est pas le rôle de la Franc-Maçonnerie. Mais aujourd’hui, se taire n’est plus possible. Dans des circonstances critiques pour la paix sociale, la paix tout simplement, le maintien des libertés fondamentales, il faut joindre notre voix à celle d’autres associations citoyennes pour alerter et résister. La nécessité de faire barrage à ceux qui menacent, c’est un fait, la liberté de penser, de s’exprimer et de s’associer persiste. Car, l’histoire nous apprend qu’une fois au pouvoir ces courants politiques s’attaquent à l’éducation des enfants, à la culture, à la presse, afin de modifier en profondeur les valeurs auxquelles nous Francs-Maçons sommes profondément attachés et qui d’ailleurs fondent toute société démocratique. Leur but sera de rendre leurs idées hégémoniques. A ceux qui disent cet enjeu ne concerne que la France, il faut rappeler que ces idées néfastes percolent dans toute l’Europe, en Italie, en Hongrie, aux Pays Bas et que la Belgique n’est pas à l’abri. La situation en Flandre le prouve. La Fédération belge du Droit Humain appelle donc à poursuivre la résistance. Lucie Aubrac, résistante française célèbre a dit un jour que « le mot résister doit toujours se conjuguer au présent ». Résister comment ? Par le bon usage de notre droit de vote, par la participation comme citoyen aux actions collectives pour défendre les droits et les libertés de tous et de toutes. Mais résister aussi à ce que Jean-Philippe Schreiber nomme « notre lente et insidieuse accoutumance à la perversion de nos principes démocratiques et à l’érosion des droits humains ». En fait résister à la banalisation des idées de ce courant idéologique d’extrême droite. Ce qui s’est passé en France nous a montré que tout être humain a un côté lumineux et un côté sombre. La franc-maçonnerie croit en la perfectibilité des êtres humains et l’un de ses objectifs est d’aider chacun à combattre ce côté sombre, à combattre la banalisation du mal. Partout en Europe, continuons donc à travailler au progrès de nos sociétés en humanité.

Daniel Menschaert
Grand Maître National